Ah, le camping ! Cette manière de vivre à l'âge de pierre au 21ème siècle. Se faire chier à construire cette tente Quechua de merde ! Cette tente qui dans la pub ou lors de l'achat à Décathlon avait l'air si simple d'utilisation. Pourtant, le jour où on l'a monte la première fois, on a bien envie que le jeune vendeur souriant et boutonneux nous fasse une démo. Voir si ce trou du cul arrive vraiment à la monter en deux minutes ! Oh, bien sur, on a le plan...écrit en une trentaine de langues, mais bizarrement, jamais la notre. Alors on se fie au dessin, s'engueulant parce qu'on est déjà au croquis Z-24 et que vos compagnons en sont encore au croquis A-3. Au bout d'une bonne demi-heure, on a finalement une tente qui, bien que bancale, ressemble presque au dessin original. Une fois cette périlleuse mission accompli, c'est l'heure d'aller faire les courses et de remplir cette foutue glaciaire qui ne glace que très rarement. Bien sur, on est pas les seuls à avoir eu cette idée, et on fait une queue monstre à la caisse de l'hypermarché du coin. Mais on garde le sourire, on n'est pas stressé, on est en vacances ! On croise ceux qui sont arrivés depuis un moment et qui gardent leurs foutus tongs et leurs foutus bermudas jusque dans le Leclerc. Certains ont même des traces de crème solaire mal étalée sur le nez. Les mômes ont tous un ballon en plastique dans les mains, les raquettes en bois qui font un bruit monstre sur la plage, ou les freesbees qu'ils ne sauront jamais correctement ni lancer, ni rattraper. Rentrés des courses, on entasse tout dans la tente, et on part acheter les sempiternels blocs de glace à l'accueil du camping pour entretenir le pseudo froid de notre glaciaire. C'est l'heure de manger. On s'installe tranquillement sur l'herbe, et y a toujours ces cons qui passent et qui vous disent, la gueule enfarinée, l'inévitable: "Bonne appétit !". La bouche pleine, esquissant un sourire on leur répond un vague "Merci !", qui au bout de la cinquième personne ressemble plus à un "Ta gueule !". On regrette intérieurement de ne pas avoir choisi l'emplacement au fond de l'allée. Mais bon, il ne faut pas s'embrouiller avec ses "voisins", après tout, le camping c'est familial... On va faire la vaisselle dans les sanitaires, où au fond de chaque évier on peut découvrir ce que les personnes avant nous ont mangés. Très souvent c'est un reste de pâtes ou de riz, avec des morceaux de salades, tomates et maïs. En revenant à son emplacement on croise ceux qui ont leurs PQ sous le bras, et le sourire aux lèvres. Quand nous, nous essayons de le cacher, en forçant pour le faire rentrer dans notre poche deux fois trop petite, eux, ils assument. Ils sont contents de montrer aux autres qu'ils vont chier. Ce sont les mêmes qu'on entend clairement se vider lorsqu'on repasse devant ces sanitaires. Car bien sur, le camping, c'est avant tout les chiottes, les douches, et les éviers réunis côte à côte. Le gérant ne veut pas dépenser plus d'argent qu'il n'en faut, alors il créer son arrivé d'eau au même endroit. Résultat, c'est un plaisir des sens que ce retrouver en ce lieu. Tous se mélangent : les bruits, les odeurs, les conversations discrètes hurlées entre les cloisons et, bien sur, la vue de ses sirènes sortant des douches avec juste leur serviettes enroulées autour des hanches et leur habits à la main. Bah oui, se changer dans ces douches, c'est le parcours du combattant. Si avec un peu de chance nos vêtements ne sont pas tombés du mini porte-serviette et qu'ils sont encore secs, après ils faut les enfilés... Au bout de cinq secondes, le bas de notre pantalon est trempé, et nos chaussettes ne méritaient même pas d'avoir été pendues sur le fil à linge tendu entre deux arbres. Du coup, on préfère se rhabiller "confortablement" dans la tente. Puis vient enfin l'heure d'aller à la plage, le moment préféré de la journée !