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Voyance ? Prémonition ?

Une étrange expérience m'est arrivé dernièrement. Je revenais de mon premier jour de travail à Sartrouville. J'avais commencé à 9 heures et terminé à 20 heures, la journée avait été extrêmement longue. J'étais déjà fatigué dans le bus, et je l'étais encore plus dans le RER qui m'emmenait jusqu'à la gare de Houilles-Carrières pour rejoindre ma correspondance. Une fois monté dans le train, je me suis mis à bouquiner, mais au bout de cinq à dix minutes, mes yeux se fermaient d'eux même. J'ai donc rangé mon livre, collé mon sac à dos sous mes pieds, et je me suis installé plus confortablement. Comme des centaines de personnes rentrant du travail le soir en train, je me suis endormi. Je ne sais pas si j'ai ronflé, bavé ou émis les grognements que j'entends maintenant habituellement. Bien calé dans mes songes depuis je ne savais combien de temps, j'ai senti quelqu'un me pousser maladroitement. Sursautant, j'ai ouvert les yeux rapidement et je me suis retrouvé nez à nez avec un vieillard.
" - C'est ici que vous descendez jeune homme, dépêchez-vous sinon le train va repartir !" m'a t'il dit en souriant.
J'ai jeté un coup d'oeil par la fenêtre, nous étions bien à la gare de Mantes la Jolie. J'ai ramassé mon sac, bredouillé un "Merci" et j'ai couru jusqu'à la sortie avant d'entendre la sonnerie signalant que les portes allaient se refermer. J'étais presque en haut de l'escalator et je n'entendais toujours pas cette sonnerie. Je me suis dit que j'avais couru pour rien, car comme d'habitude, le train restait à quai pendant plusieurs minutes sans que l'on sache vraiment pourquoi. Mais je remerciais quand même intérieurement le vieillard, car sans lui je serrais encore dans le train. Non pas à me demander pourquoi nous ne repartions pas, mais encore au pays des rêves. Et c'est là qu'une question m'est venue. Comment a t-il su que je descendais à Mantes ? Il n'a pas pu me reconnaitre et savoir que je descendais toujours à cette station puisque c'est la première fois que je prenais cette ligne. Pendant tout le trajet jusqu'à chez moi, cette question persistait dans mon esprit. Je n'avais rien sur moi qui indiquait que j'habitais à Mantes. J'étais en jean, baskets, avec ma veste habituelle. Bref, rien qui me prédestinais à descendre à Mantes la Jolie. Y avait pas écris sur mon front : "Je suis Mantois, si je m'endors réveillez moi à la bonne station !". Sa tête ne me disait rien du tout, ce n'était pas le père d'un ami ou d'une connaissance. C'était la première fois que je l'avais croisé, j'en était certain. Et si ça se trouve, c'était aussi la première fois qu'il me croisait ? Et si, tout simplement, ce mec SAVAIT que je devais descendre à Mantes la Jolie. Il ne m'a pas espionner, il ne m'a peut-être même pas regarder de tous le trajet, ou si ça se trouve, il était monter à la station d'avant. Mais ce vieillard SAVAIT que moi, Nicolas, je devais descendre à Mantes. Dans un geste de bonté, il s'est tout simplement dit : Ok, je sais qu'il descend là, je vais le réveiller pour ne pas qu'il se retrouve à cinquante kilomètres de chez lui... Après avoir manger, je me suis couché avec toujours ce vieux à l'esprit. Le lendemain, j'ai raconté ce qui m'était arrivé à plusieurs collègues, certains ont trouvés ça "Marrant", d'autres "Bizarre", mais tous étaient d'accord pour dire que j'avais eu de la chance de le croiser, sinon je me serrais retrouver à pétaouchnoque. Le soir, lors du trajet du retour je suis monter dans le même wagon que la veille et je ne me suis pas endormi. Je regardais toute les personnes qui montaient pour retrouver le petit vieux. A chaque arrêt de nouveau visages apparaissaient, ou disparaissaient, mais je ne voyais pas celui que je cherchais. Au dernier arrêt avant Mantes, le vieillard est monté. Il est passé devant moi, et m'ayant reconnu m'a souri et m'a adressé un signe de tête amicale. Il s'est assis derrière moi, et regardais le "paysage" défilé derrière les fenêtres. J'ai attendu une ou deux minutes, et je me suis finalement décidé à lui parler. Je me suis levé et je me suis installé en face de lui sur la banquette.
"- Bonsoir, lui ai-je dis avec un sourire.
- Bonsoir jeune homme, m'a t-il répondu, me rendant mon sourire.
- Je suis désolé de vous déranger, mais j'ai une question qui me hante depuis hier.
- Ah, et laquelle ? m'a t-il demandé, surpris.
- Comment savez vous que j'habite à Mantes ?
- Pardon ? m'a t-il répondu, encore plus surpris.
- Hier, vous m'avez réveiller à Mantes pour que je puisse descendre...sinon je serais rester dans le train.... Je vous redemande donc, comment vous saviez que je devais descendre précisement à cette station ?"
Il a arqué les sourcils, réfléchi, puis s'est mis soudain à rire. Le train arrivait en gare, et le vieil homme continuait à rire. Je lui est demander ce qui le faisait tant rire, mais il n'arrivait pas à me répondre. Vexé, je commençais à perdre patience, et je le regardais de plus en plus méchamment. Nous sommes sortis du wagon, et il a vu mon regard. Il s'est calmé, son rire diminuant au fur et à mesure. Il a pointé du doigt le panneau d'affichage des trains, et j'ai soudainement tout compris. Mantes la Jolie était, et est, le terminus de cette ligne. Le train stationne ici pendant quelques minutes, puis repart dans l'autre sens. Je l'ai regardé l'air penaud, puis je lui est souri.
" - Vous voyez, c'est pour ça hier que je vous est réveillé, ce train ne va pas plus loin. Je plaisantais quand je vous disais de vous dépêcher pour sortir...
- Si vous saviez comme ça m'a travaillé depuis !" lui ai répondu, riant à mon tour.

# Posté le jeudi 01 novembre 2007 10:29

Modifié le jeudi 28 février 2008 13:37

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